wandering queer

brouillon, dans le désordre et au crayon gris

micropolitique des groupes – pour une écologie des pratiques collectives 20 octobre 2014

ouh la la oui oh oui oh oui.https://i0.wp.com/micropolitiques.collectifs.net/IMG/siteon0.jpg ça vous paraitra en décalage horaire, mais tant pis. je viens de découvrir ce livre.

il est dispo sur internet, soit en ligne dans une version naviguable interactive ici, http://micropolitiques.collectifs.net

soit en pdf dans une version plus austere mais imprimable, ici http://chieusesdefeministes.free.fr/IMG/pdf/Micropolitique_des_groupes.pdf

https://i1.wp.com/micropolitiques.collectifs.net/IMG/siteoff0.png

oh oui, oh oui !

c’est pile ce qu’il me fallait en ce moment. désormais, je me sentirai moins seule en réunion 🙂

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Non Violent Communication can hurt people 13 juillet 2014

hey
this text is interesting. it doesn’t say things the way i would have, but it sums up some of the problems with NVC.
Also i havent wandered around the blog but the title makes me want to (« social skills for autonomous people »).

taken from here :
http://realsocialskills.org/post/91609471897/nonviolent-communication-can-hurt-people

 

 

People who struggle interpersonally, who seem unhappy, or who get into a lot of conflicts are often advised to adopt the approach of Nonviolent Communication.

This is often not a good idea. Nonviolent Communication is an approach based on refraining from seeming to judge others, and instead expressing everything in terms of your own feelings. For instance, instead of “Don’t be such an inconsiderate jerk about leaving your clothes around”, you’d say “When you leave your clothing around, I feel disrespected.”. That approach is useful in situations in which people basically want to treat each other well but have trouble doing so because they don’t understand one another’s needs and feelings. In every other type of situation, the ideology and methodology of Nonviolent Communication can make things much worse.

Nonviolent Communication can be particularly harmful to marginalized people or abuse survivors. It can also teach powerful people to abuse their power more than they had previously, and to feel good about doing so. Non-Violent Communication has strategies that can be helpful in some situations, but it also teaches a lot of anti-skills that can undermine the ability to survive and fight injustice and abuse.

For marginalized or abused people, being judgmental is a necessary survival skill. Sometimes it’s not enough to say “when you call me slurs, I feel humiliated” – particularly if the other person doesn’t care about hurting you or actually wants to hurt you. Sometimes you have to say “The word you called me is a slur. It’s not ok to call me slurs. Stop.” Or “If you call me that again, I’m leaving.” Sometimes you have to say to yourself “I’m ok, they’re mean.” All of those things are judgments, and it’s important to be judgmental in those ways.

You can’t protect yourself from people who mean you harm without judging them. Nonviolent Communication works when people are hurting each other by accident; it only works when everyone means well. It doesn’t have responses that work when people are hurting others on purpose or without caring about damage they do. Which, if you’re marginalized or abused, happens several times a day. NVC does not have a framework for acknowledging this or responding to it.

In order to protect yourself from people who mean you harm, you have to see yourself as having the right to judge that someone is hurting you. You also have to be able to unilaterally set boundaries, even when your boundaries are upsetting to other people. Nonviolent Communication culture can teach you that whenever others are upset with you, you’re doing something wrong and should change what you do in order to meet the needs of others better. That’s a major anti-skill. People need to be able to decide things for themselves even when others are upset.

Further, NVC places a dangerous degree of emphasis on using a very specific kind of language and tone. NVC culture often judges people less on the content of what they’re saying than how they are saying it. Abusers and cluelessly powerful people are usually much better at using NVC language than people who are actively being hurt. When you’re just messing with someone’s head or protecting your own right to mess with their head, it’s easy to phrase things correctly. When someone is abusing you and you’re trying to explain what’s wrong, and you’re actively terrified, it’s much, much harder to phrase things in I-statements that take an acceptable tone.

Further, there is *always* a way to take issue with the way someone phrased something. It’s really easy to make something that’s really about shutting someone up look like a concern about the way they’re using language, or advice on how to communicate better. Every group I’ve seen that valued this type of language highly ended up nitpicking the language of the least popular person in the group as a way of shutting them up.

 

l’espace « safe » ne se fera pas tout seul – I 3 février 2014

je veux des espaces où j’ai envie de revenir. des espaces où je me sens bien. me sentir bien? tentative de description : ça veut dire sentir un peu de liberté (ne pas me sentir jugée et remise à ma place dès que je fais un truc) et d’espace, ça veut dire avoir l’impression que je peux un peu faire confiance aux gens autour, et savoir que personne est en train de bader* dans son coin. partager des moments chouettes avec les gens, apprendre. et surtout, savoir que les autres gens autour se sentent un peu pareil. qu’ielles sentent la liberté de faire ce qu’ielles veulent, qu’ielles ont l’impression de pouvoir faire un peu confiance à moi et aux autres gens qui sont là, qu’ielles n’ont pas envie que moi ou qqnE d’autre bade dans son coin.

ça commence à coincer, hein ? si les genTEs font ce qu’ielles veulent, à un moment ielles vont faire un truc qui va me blesser ou m’énerver ou quoi, et je vais bader dans mon coin. ou avec ma bande de copainEs. du coup on va partir énervéEs et rester ensemble.
enfin, jusqu’à ce que l’unE d’entre ielles dise un truc qui me blesse, et comme je suis déjà en train de bader, ça va juste me faire plus bader.
dans mon coin, toute seule.
ahem.
à moins que je choisisse mieux mes copinEs, que ce soit seulement celleux qui me font jamais bader.

?
vous y croyez, vous, à des copinEs avec qui vous avez jamais de désaccord, qui disent jamais un truc qui vous plait pas, qui vous blesse ou vous énerve ?

 

parfois, j’ai l’impression que la notion d’espace safe*, ou même d’espace safer*, c’est l’idée d’un espace libre de toute agression. un espace où jamais personne fait un truc qui va te faire bader. quand je vois ce qui me fait bader, et ce qui fait bader d’autres personnes, que parfois c’est des trucs complètement inattendus, je me dis que la seule possibilité de faire un espace vraiment safe, c’est de plus rien y dire. non, attends, de plus trop bouger non plus, y’a des gestes qui… et de plus rien y faire. non, attends, parfois y’a aussi des présences qui dérangent. alors finalement, euh, rester seulE chez soi, et surtout pas d’ordi, on pourrait tomber sur un article qui fait bader (celui-là, au pif. attention, cet article, sous couvert de lutter contre la grossophobie, est ignoble et totalement badant pour qui sait comment ça (ne) marche (pas) les régimes. j’ai passé plusieurs heures dans un état de semi-panique après avoir lu ça).
.
.
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ou alors, on se dit que peut-être, des « espaces où j’ai envie de revenir », c’est autre chose. qu’il n’y a pas d’ « en-dehors » libre des oppressions qu’on vit au quotidien. c’est quoi, qui fait que j’ai envie de revoir mes amiEs quand ielles m’ont blessé, et pas le vague pote d’unE pote ? ou même, c’est quoi qui fait que j’ai envie de revoir certainEs amiEs même quand ielles me blessent souvent, et que d’autres, à un moment je laisse tomber ?
je sais pas vous, mais moi, c’est parce qu’avec ielles, on trouve un moment pour en causer, on s’explique, et on réfléchit à comment ça peut ne plus arriver. et après, on construit là dessus, et on fait réellement en sorte que ça n’arrive plus. enfin, on essaie.
et vous, c’est quoi qui fait que vos amitiés elles durent malgré les moments où on se fait mal ?

 

à chaque fois qu’on se fait mal, et qu’on réussit à en parler, passé le moment super dur (on a peur de dire ce qui va pas, on a peur d’en vouloir à l’autre ou qu’elle nous en veuille, qu’on soit plus amiEs, qu’elle nous juge, enfin tout ça quoi.), à chaque fois, je suis tellement contente que ça se soit passé. à chaque fois, j’ai l’impression qu’on a construit plus de confiance, qu’on a grandi toutes les 2, qu’à force de discussion et de réflexion chacune de son coté, on a transformé les critiques en un truc positif et excitant. (bon, c’est sur, c’est parce que j’aime bien me regarder le nombril et travailler à le transformer en un truc plus satisfaisant…)
quand on arrive pas à en parler, par contre, c’est autre chose… même si on passe à autre chose, qu’on continue à construire un truc, qu’on fait comme si c’était passé, bin ce truc là il reste. soit que t’arrives pas à dire ce qui t’a fait du mal, soit que tu sentes bien que t’as merdé mais que tu peux pas avancer si ielle te dit pas ce qui allait pas. ça reste là, en travers de la gorge, hein?

 

non, bon, c’est pas vrai tout le temps (ça se voit, que je pense en même temps que j’écris ?…). parfois y’a des gens avec qui j’ai jamais trop ce genre de conversation, et on est quand même amiEs longtemps. alors c’est quoi ? je crois que là du coup, c’est que quand je suis blessée/énervée par un truc qu’ielles font, je finis par comprendre d’où ielles partent en faisant ça, pourquoi, c’est quoi la logique, qu’est-ce qu’il se passe pour ielles, et qu’au final, à force de les comprendre, j’ai perdu tout énervement, je vois ce qu’il se passe pour moi, ce qu’il se passe pour ielle, et puis hop, on passe à autre chose, c’est cool, je nous connais mieux. bon, c’est pas la même version de l’événement ou de la vie, quoi. une grande conversation est-elle nécessaire? bin non, ielle est comme ça, à prendre ou à laisser. à moi de faire des choix.
si je devais avoir des grandes conversations dès que quelqu’unE fait un truc qui me déplait, j’aurais plus trop le temps pour faire autre chose…
et aussi, « avoir une grande conversation », pour dire voila ce que tu as fait là bin ça va pas, ça veut dire demander à l’autre de changer ce qu’ielle fait pour que ça n’arrive plus. et si je devais changer à chaque fois qu’un truc que je fais ne convient pas à une personne, bin j’aurais plus le temps de faire autre chose, ni d’ailleurs d’estime de moi… je veux bien changer, si je trouve que ta critique est légitime, si c’est un comportement que moi aussi je juge pas correct (une fois que j’ai compris hein, parce que y’a des fois, je suis quand même bien d’abord sur la défensive et il faut du temps, que ça macère, pour que je trouve que t’as raison, c’est pas correct). mais y’a des fois en fait ou même après avoir réfléchi, bin non, j’ai pas envie de changer ça, ou alors c’est pas possible de changer ça maintenant ou comme tu me le demandes (typiquement, dans un couple, c’est ce qui me fait vraiment bader pour le coup. chériE, j’aime pas comment tu, allez, au hasard, j’aime pas comment tu manges. oh d’accord mon amour, je vais changer toutes mes habitudes quotidiennes pour ressembler à la personne idéale que t’as dans la tête). je suis comme ça là maintenant, ça vient en package, c’est à prendre ou à laisser, et je comprendrais que tu choisisses de laisser.

 

bon euh voilà, ce texte s’annonce extrêmement long. j’étais partie sur les espaces safe, mais ce détour semble finalement important. on verra bien pourquoi ? je pense en même temps que j’écris, alors bon, c’est brouillon. mais pour une fois, écoute, on va faire un truc brouillon, et avec des mots simples, ok ?
du coup, ça sera le chapitre 1, et je vais même lui trouver un titre.
j’aimerais beaucoup, toi qui pense des tas de trucs à la lecture de ce texte, que tu me le dise. en commentaire, ou par mail, ou un truc, quoi. que tu sois d’accord ou pas, même si c’est un peu hors sujet, même si c’est juste une anecdote 🙂

 

 

vas-y, je vais mettre les edits de mon esprit en escalier, ici, dans l’ordre, plutot que d’editer le texte:
– en fait, si une amitié dure un certain temps et qu’on s’est jamais engueulé/dit des trucs qui nous l’avait pas fait/fait des critiques, je commence vite à trouver ça louche. c’est sûrement que l’1 des 2 est en train de s’oublier dans la relation, ou bien, qu’on arrive pas à se dire les choses. (enfin, que l’autre arrive pas à me les dire. si y’a des trucs qui me le font pas, je m’en rends bien compte, hein) (à moins justement que je sois en train de sacrément m’oublier, et là, purin, gros voyant rouge qui clignote, il faut se barrer!). en tout cas, ça me met pas en confiance, du tout. je commence à regarder tout ce que je fais, à paranoïer que l’autre le prend mal et ose pas me le dire, tout ça. ça vous arrive, vous, des trucs où jamais jamais y’a un problème ?

 

– y’a mille façons de se dire les trucs. c’est pas forcément « il faut qu’on parle, voilà, grand A grand B grand C ». ça peut être des vannes/des blagues, des métaphores et des trucs détournés, une bonne engueulade, y’a mille façons. y’en a certaines qu’on sait entendre, pi pas d’autres…

 

* des trucs à définir ?
-« bader » = je choisis un mot un peu vague exprès parce que ça recouvre plein de choses. disons, en gros, me sentir mal, pas bien. ça peut recouvrir plein de réalités, selon les situations. pour formuler autrement le truc, « j’ai pas envie que y’ait des gens dans cet espace qui se sentent pas bien » ? puis en fait au cours du texte je propose des exemples ou d’autres termes. on y reviendra plus en detail dans le chapitre II 😀
– « espace safe » : bin c’est justement ça la question. c’est quoi, un espace safe ? est ce que c’est souhaitable ? comment on le fait ? « l’espace safe » c’est une notion que j’entends dans des milieux féministes, disons, qui veulent que nos espaces de vie, d’activités (un collectif d’habitation, un lieu de soirées, un événement, etc) soient « safe ». parfois c’est traduit mais les traductions sont encore plus pourries et recouvrent des notions plus spécifiques. le terme utilisé pour un débat general je trouve c’est quand meme souvent « espace safe ». « safer » ( = « plus safe ») c’est une notion qui prend en compte l’idée que l’espace ne peut jms être totalement safe, et qui veut qu’il soit quand meme, moins pourri, un peu plus safe.

 

c’est le printemps 11 avril 2013

Filed under: pouésie,projets en cours,squatt/autogestion — stupidfrog @ 23:14

Je suis la sieste que l’on hésite à faire
je suis la veste qui cache le revolver
je suis le sursaut au son du ressort qui casse
je suis les mots dont on se lasse.

(more…)

 

the violent « peace-police » 11 février 2012

Filed under: actu,English,fais tourner (pompé ailleurs),squatt/autogestion — stupidfrog @ 20:34

bon, pour l’instant j’ai pas le courage de traduire tout ça toute seule immédiatement, alors je vous le mets en VO.
C’est à propos des mouvements « occupy… (wall street, etc) » qui ont germés il y a quelques mois aux etats-unis (et qui n’ont jamais, finalement, remis en cause leur nom). En réponse à celleux qui accusent les black blocs d’être le « cancer du mouvement ».

 

David Graeber :
Concerning the Violent Peace-Police
An Open Letter to Chris Hedges

 

I am writing this on the premise that you are a well-meaning person who wishes Occupy Wall Street to succeed. I am also writing as someone who was deeply involved in the early stages of planning Occupy in New York.

I am also an anarchist who has participated in many Black Blocs. While I have never personally engaged in acts of property destruction, I have on more than one occasion taken part in Blocs where property damage has occurred. (I have taken part in even more Blocs that did not engage in such tactics. It is a common fallacy that this is what Black Blocs are all about. It isn’t.)

I was hardly the only Black Bloc veteran who took part in planning the initial strategy for Occupy Wall Street. In fact, anarchists like myself were the real core of the group that came up with the idea of occupying Zuccotti Park, the “99%” slogan, the General Assembly process, and, in fact, who collectively decided that we would adopt a strategy of Gandhian non-violence and eschew acts of property damage. Many of us had taken part in Black Blocs. We just didn’t feel that was an appropriate tactic for the situation we were in.

This is why I feel compelled to respond to your statement “The Cancer in Occupy.” This statement is not only factually inaccurate, it is quite literally dangerous. This is the sort of misinformation that really can get people killed. In fact, it is far more likely to do so, in my estimation, than anything done by any black-clad teenager throwing rocks.

Let me just lay out a few initial facts:

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Pas d’espace safe cette année 19 juillet 2011

le festival queer de Copenhague, qui a lieu chaque année en juillet, a, d’habitude, un texte qui définit comment faire de ce festival un espace « plus safe ». Cette année, illes ont décidé de ne pas le faire et ont publié un texte qui s’appelle « pas d’espace plus safe cette année ». Il me parait super interessant alors je l’ai traduit (de mon mieux, désoléE pour les mauvaises tournures).

La version originale est sur le site.

 

Pas d’« espace safe » cette année (queer Copenhague 2011)

(more…)

 

trois petits cadavres exquis pendus au plafond du tidibi… 24 novembre 2010

trois bébés effectués à la vas-vite sur un coin de table de caravane, dont les 4 mamans sont très fières.

http://tidibi.wordpress.com/2010/11/23/cadeau-danniversaire-pour-notre-tidibi-cheri/