wandering queer

brouillon, dans le désordre et au crayon gris

POC + mental health: a few readings 14 juin 2015

recently i’ve been tired of

– hearing from POC that the issues around mental health (trauma, self care, depression…) are white issues. (i mean, wait, are you saying POC don’t have mental health issues?? or that they don’t do anything about it?? er, i don’t believe that)

– and simultaneously realizing everything i read about mental health issues is written by white people or predominently white groups, or at least never explicitely links these issues with race.  (Oh, wait, would these 2 points be linked maybe?…)

ahem. time to look for readings somewhere else, maybe?…

so i started by BlackGirlDangerous because i love them. Here is a few selection, most i haven’t read yet. i’ve only read « loving each other wounded ». I thought i’d share, though, so we have food for thought and further discussions. if you have other good readings to suggest, please do!

Loving Each Other Wounded: 5 Essential Questions for Healthy QTPOC Love by CarmenLeah Ascencio

The Science of Resilience: What The World Can Learn From QTPoC Survivors of Domestic Violence  by Maisha Z. Johnson

How to Participate in the Movement When You’re in a Funkby Maisha Z. Johnson

Healing From Trauma As a Person of Colour: 3 Things I’ve Learnt As a Queer Black Boyby Travis A.

What’s Missing When We Talk About Self-Care (Ask BGD 1) Mia McKenzie and CarmenLeah Ascencio

You Can Be Loved: For Those of Us Who Live With Mental Illnessby Princess Harmony Rodriguez

and a very quick search on the rest of the internet gives things such as :

People of Color & Mental Illness Photo Project  by Dior Vargas, Latina Feminist Mental Health Activist

The Color of Hope: POC Mental Health Narratives

and also this search reminded me of that fabulous performer and thinker named Leah Lakshmi Piepzna-Samarasinha. e.g. here :

“My Body is Not a Liability” – Interview with Leah Lakshmi Piepzna-Samarasinha

and as for how it can be a « white only » issue, i found 1 thing but havent looked much more. it’s a start!

Mental Health Issues Are Not Just “White People Problems”  by Trina Young

ok! is that enough reading for now? enjoy 🙂

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bon bon bon 22 janvier 2015

… il va bien falloir s’y coller alors. A propos de l’actualité, je veux dire, depuis les evenements des 7 et 9 janvier. Effectivement, avec facedebouc,  j’ai accès à une avalanche d’articles plus ou moins interessants mais en tout cas foisonnants, c’est le moins qu’on puisse dire ; et effectivement, je me laisse prendre dans ce truc de les « partager » directement, et je trouve que j’ai fait mon boulot, alors que ça ne fait que circuler sur fb, ce qui n’est pas très cool pour toustes celleux qui trainent pas sur ce site… alors bon, il y a déjà des articles qui recensent les articles etc etc, mais au final, je me retrouve beaucoup sur les mêmes sites. alors voilà des liens vers ces sites, fouillez 🙂

– le site du Parti des Indigènes de la République, vous pouvez commencer par cet article : http://indigenes-republique.fr/charlie-vu-par-les-arabes-et-les-noirs-des-quartiers/ (Charlie vu par les Arabes et les Noirs des quartiers)

– le site Quartiers Libres, que j’ai découvert à cette occasion. vous pouvez commencer ici (parce qu’il n’y a pas que Charlie dans la vie) : https://quartierslibres.wordpress.com/2015/01/22/proces-de-said-bouamama-et-saidou/ (sur comment s’est passé le procès de Saïdou de ZEP et de Saïd Bouamama, mardi dernier)

– Les Mots Sont Importants, j’ai déjà dû mettre le lien plein de fois mais bon, un site merveilleux fabuleux coeur coeur, alors j’ai pas su choisir l’article : http://lmsi.net/

Bon, et puis je résiste pas à vous mettre 2 petits liens en plus, vers des articles que j’ai lu aujourd’hui :

– un article pour les blanc-he-s, et j’ai envie de te (me) dire « autant que possible, prends le personnellement ». http://www.cases-rebelles.org/jai-separe-nos-routes/

(…) Quand vous serez plus vieux que vous vous serez poséEs ce ne sont pas nos misères qui vous empêcheront de dormir, ce n’est pas la conscience qui vous poussera à ne rien dire. C’est juste que vous serez passéEs à d’autres tourismes. Mais moi ça fait longtemps que j’aurai séparé nos routes. »

« Il y a de cela quelques années j’ai séparé nos routes. Séché mes larmes de votre insistance à être si blancHEs, si occidentauxALES. Vos références aveuglantes d’égocentrisme culturel et historique; vos révolutions françaises, russes, vos guerres d’Espagne, 68, et que sais-je… Où étions-nous pendant ce temps là ? Suant, saignant, braillant, crevant d’absences sans doute. Pendant que vous vous rêviez marxistes léninistes, anarchistes, féministes, socialistes, républicainEs, antifascistes, en attendant de nous apprendre à notre « réveil » que la société qui nous avait annexéEs, génocidéEs, enchaînéEs avait aussi accouché de plans de sorties, que vous alliez « partager » dans votre grande mansuétude. Vos mythologies libératrices je les profane ; ce ne sont pas les miennes. Je n’espère rien d’autre que vous fermiez vos gueules. On a trop entendu l’homme blanc chanter au vent ses stratégies étouffantes. la suite

– et puis du coup un article dans libe (…), mais qui est interessant aussi parce qu’il pose des trucs que j’ai envie de reutiliser dans d’autres domaines : Ethique de conviction contre éthique de responsabilité : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/19/charlie-ethique-de-conviction-contre-ethique-de-responsabilite_1184055 Par exemple, je me (suis) demand(é)e (ce matin dans la douche) si on pourrait pas appliquer cette distinction à ce qui nous sépare, entre certains courants féministes ? attends, j’élaborerai un peu dans ma prochaine douche et puis je t’en reparle, ok ?   allez, bonne lecture et bisous

 

de la lecture pour un dimanche de pluie 30 novembre 2014

ouh bin i fait moche didon. c’est l’heure de faire une tisane, de se caler sous la couette, et de lire plein de trucs. par exemple…

 

   – Black Girl Dangerous, encore et toujours…

notamment deux articles récents,

* un sur les manifestations, aux etatsunis, à la suite du meurtre de Michael Brown par la police, et ce que les medias considèrent comme « violent » (indice : pas le meurtre de Noir-e-s par la police)

http://www.blackgirldangerous.org/2014/11/ferguson-destruction-violence-really-isnt/

* et un d’une meuf queer Asian American, sur le fait que les blanches lui reprochent souvent d’avoir « trop confiance en elle »

http://www.blackgirldangerous.org/2014/11/white-women-say-im-confident-racist-s/

   – tiens, sur Michael Brown encore,

pour les blanch-e-s et les autres qui se veulent des « allié-e-s » des Noir-e-s en ce moment

http://freeqthamighty.tumblr.com/post/95573664816/on-white-people-solidarity-and-not-marching

 

   – une bédé en français

sur une gamine assignée garçon à la naissance – c’est  drole, c’est mignon, et c’est pédagogique

http://assigneegarcon.tumblr.com/

 

   – pendant ce temps là à toulouse,

l’expo sur les violences masculines prévue pour être affichée pour la journée du 25 novembre a été annulée, parce que…trop « vulgaire et immorale ». pardon ? tu sais que c’est pas de la fiction cette bédé, mais notre quotidien ? c’est quoi qui te choque ? c’est qu’on vive ça, ou bien qu’on te le dise ? ça me permet de (re)mettre le lien vers le blog dont sont tirées les planches de l’expo : projet crocodiles

 

   – à propos de « harcelement de rue »,

qui semble être le truc à la mode à dénoncer absolument (le projet crocodiles n’y échappe pas, j’ai l’impression que son bouquin édité s’est concentré là dessus, alors que le blog témoigne aussi beaucoup de violence de la part de proches), un petit article pour remettre les choses à leur place :

« Alors oui, je sais, il y a les “ouaich la miss” et les “madmouazel, t’es très très charmante”. Mais il n’y a pas de mystères les gens : si les banlieusards et les scarlas sont un peu en avance sur le harcèlement de rue, c’est que la harcèlement de bureau et le harcèlement de bar sont déjà pris. C’est qu’en fait, les banlieusards et les scarlas, on n’a pas trop envie de les voir ailleurs que dans la rue. Les banlieusards, les lascars et les ouaichs investissent l’espace qu’on leur laisse. Je ne dis pas que leur sexisme est moins grave ou moins violent. Je dis qu’il serait temps d’arrêter de ne parler que de celui-ci. Pendant qu’on s’acharne sur celui-ci, celui-là [blanc/bourgeois] s’assied, déplie ses jambes et s’installe. »

l’article: Du caractère polymorphe et multicolore du relou en milieu urbain

 

   – et puis tiens,

rions (?) un peu avec des photos de racisme « accidentel » (?) : 19 cases of accidental racism

racismeaccidentel

 

flippons un peu avec le placement de produits personnalisé dans les films

 

et, euh, bon dimanche !

 

 

micropolitique des groupes – pour une écologie des pratiques collectives 20 octobre 2014

ouh la la oui oh oui oh oui.https://i0.wp.com/micropolitiques.collectifs.net/IMG/siteon0.jpg ça vous paraitra en décalage horaire, mais tant pis. je viens de découvrir ce livre.

il est dispo sur internet, soit en ligne dans une version naviguable interactive ici, http://micropolitiques.collectifs.net

soit en pdf dans une version plus austere mais imprimable, ici http://chieusesdefeministes.free.fr/IMG/pdf/Micropolitique_des_groupes.pdf

https://i1.wp.com/micropolitiques.collectifs.net/IMG/siteoff0.png

oh oui, oh oui !

c’est pile ce qu’il me fallait en ce moment. désormais, je me sentirai moins seule en réunion 🙂

 

Non Violent Communication can hurt people 13 juillet 2014

hey
this text is interesting. it doesn’t say things the way i would have, but it sums up some of the problems with NVC.
Also i havent wandered around the blog but the title makes me want to (« social skills for autonomous people »).

taken from here :
http://realsocialskills.org/post/91609471897/nonviolent-communication-can-hurt-people

 

 

People who struggle interpersonally, who seem unhappy, or who get into a lot of conflicts are often advised to adopt the approach of Nonviolent Communication.

This is often not a good idea. Nonviolent Communication is an approach based on refraining from seeming to judge others, and instead expressing everything in terms of your own feelings. For instance, instead of “Don’t be such an inconsiderate jerk about leaving your clothes around”, you’d say “When you leave your clothing around, I feel disrespected.”. That approach is useful in situations in which people basically want to treat each other well but have trouble doing so because they don’t understand one another’s needs and feelings. In every other type of situation, the ideology and methodology of Nonviolent Communication can make things much worse.

Nonviolent Communication can be particularly harmful to marginalized people or abuse survivors. It can also teach powerful people to abuse their power more than they had previously, and to feel good about doing so. Non-Violent Communication has strategies that can be helpful in some situations, but it also teaches a lot of anti-skills that can undermine the ability to survive and fight injustice and abuse.

For marginalized or abused people, being judgmental is a necessary survival skill. Sometimes it’s not enough to say “when you call me slurs, I feel humiliated” – particularly if the other person doesn’t care about hurting you or actually wants to hurt you. Sometimes you have to say “The word you called me is a slur. It’s not ok to call me slurs. Stop.” Or “If you call me that again, I’m leaving.” Sometimes you have to say to yourself “I’m ok, they’re mean.” All of those things are judgments, and it’s important to be judgmental in those ways.

You can’t protect yourself from people who mean you harm without judging them. Nonviolent Communication works when people are hurting each other by accident; it only works when everyone means well. It doesn’t have responses that work when people are hurting others on purpose or without caring about damage they do. Which, if you’re marginalized or abused, happens several times a day. NVC does not have a framework for acknowledging this or responding to it.

In order to protect yourself from people who mean you harm, you have to see yourself as having the right to judge that someone is hurting you. You also have to be able to unilaterally set boundaries, even when your boundaries are upsetting to other people. Nonviolent Communication culture can teach you that whenever others are upset with you, you’re doing something wrong and should change what you do in order to meet the needs of others better. That’s a major anti-skill. People need to be able to decide things for themselves even when others are upset.

Further, NVC places a dangerous degree of emphasis on using a very specific kind of language and tone. NVC culture often judges people less on the content of what they’re saying than how they are saying it. Abusers and cluelessly powerful people are usually much better at using NVC language than people who are actively being hurt. When you’re just messing with someone’s head or protecting your own right to mess with their head, it’s easy to phrase things correctly. When someone is abusing you and you’re trying to explain what’s wrong, and you’re actively terrified, it’s much, much harder to phrase things in I-statements that take an acceptable tone.

Further, there is *always* a way to take issue with the way someone phrased something. It’s really easy to make something that’s really about shutting someone up look like a concern about the way they’re using language, or advice on how to communicate better. Every group I’ve seen that valued this type of language highly ended up nitpicking the language of the least popular person in the group as a way of shutting them up.

 

deux ou trois pas sur cette corde raide 2 mars 2014

la gestion des agressions en milieu militant.

Un texte vient d’être publié, en français pour une fois (puisque quebecois), alors je saute sur l’occasion pour ouvrir ce sujet et mettre quelques liens.
le texte en question est ici :
premiers pas sur une corde raide :
« Depuis quelques mois, les dénonciations d’agressions sexuelles se succèdent à l’intérieur du milieu militant montréalais. […] Une des grandes forces du féminisme est bien d’ouvrir une porte qui nous permet d’interroger nos rapports, d’examiner leur ancrage structurel, en vue de s’affranchir des normes qui les régissent. Pourtant, nous ressentons que la situation actuelle bloque le débat : des tabous apparaissent, toutes les avenues semblent piégées. […] Nous allons donc tenter d’exprimer quelques réserves, pointer les dangers qui nous guettent, les dérives possibles, et surtout, tenter de rouvrir la porte. »

alors du coup, j’en profite pour mettre des liens vers d’autres textes.
un texte qui est paru cette année aussi, qui est plutot pour celleux qui s’interessent déjà pas mal au sujet (ielles font reference à des « courants de pensée » et des manières de faire, si on les connait pas, il vaut mieux commencer par lire des trucs qui les expliquent)
Accounting For Ourselves, Breaking the Impasse Around Assault and Abuse in Anarchist Scenes.
« Sexual assault and abuse continue to plague anarchist circles and spaces. In response, we’ve developed processes to hold each other accountable outside of the state. But why can’t we seem to get them right? This essay examines the context in which these community accountability models emerged and analyzes the pitfalls we’ve encountered in trying to apply them. To move beyond the impasse around sexual violence within our scenes, we need to challenge the idea of community itself and take our resistance in new directions. »


Revolution Starts at Home
: « The extent of the violence affecting our communities is staggering. Nearly one in three women in the United States will experience intimate violence in her lifetime. And while intimate violence affects relationships across the sexuality and gender spectrums, the likelihood of isolation and irreparable harm, including death, is even greater within LGBTQI communities. To effectively resist violence out there—in the prison system, on militarized borders, or other clear encounters with “the system”—we must challenge how it is reproduced right where we live. It’s one thing when the perpetrator is the police, the state, or someone we don’t know. It’s quite another when that person is someone we call a friend, lover, and trusted ally. »

bon, allez, pour l’instant c’est tout, parce qu’il fait beau alors je vais aller prendre le soleil. D’ici quelques mois, mon petit doigt me dit que plusieurs textes etatsuniens seront disponibles en français… en attendant, bonne lecture !

 

l’espace « safe » ne se fera pas tout seul – I 3 février 2014

je veux des espaces où j’ai envie de revenir. des espaces où je me sens bien. me sentir bien? tentative de description : ça veut dire sentir un peu de liberté (ne pas me sentir jugée et remise à ma place dès que je fais un truc) et d’espace, ça veut dire avoir l’impression que je peux un peu faire confiance aux gens autour, et savoir que personne est en train de bader* dans son coin. partager des moments chouettes avec les gens, apprendre. et surtout, savoir que les autres gens autour se sentent un peu pareil. qu’ielles sentent la liberté de faire ce qu’ielles veulent, qu’ielles ont l’impression de pouvoir faire un peu confiance à moi et aux autres gens qui sont là, qu’ielles n’ont pas envie que moi ou qqnE d’autre bade dans son coin.

ça commence à coincer, hein ? si les genTEs font ce qu’ielles veulent, à un moment ielles vont faire un truc qui va me blesser ou m’énerver ou quoi, et je vais bader dans mon coin. ou avec ma bande de copainEs. du coup on va partir énervéEs et rester ensemble.
enfin, jusqu’à ce que l’unE d’entre ielles dise un truc qui me blesse, et comme je suis déjà en train de bader, ça va juste me faire plus bader.
dans mon coin, toute seule.
ahem.
à moins que je choisisse mieux mes copinEs, que ce soit seulement celleux qui me font jamais bader.

?
vous y croyez, vous, à des copinEs avec qui vous avez jamais de désaccord, qui disent jamais un truc qui vous plait pas, qui vous blesse ou vous énerve ?

 

parfois, j’ai l’impression que la notion d’espace safe*, ou même d’espace safer*, c’est l’idée d’un espace libre de toute agression. un espace où jamais personne fait un truc qui va te faire bader. quand je vois ce qui me fait bader, et ce qui fait bader d’autres personnes, que parfois c’est des trucs complètement inattendus, je me dis que la seule possibilité de faire un espace vraiment safe, c’est de plus rien y dire. non, attends, de plus trop bouger non plus, y’a des gestes qui… et de plus rien y faire. non, attends, parfois y’a aussi des présences qui dérangent. alors finalement, euh, rester seulE chez soi, et surtout pas d’ordi, on pourrait tomber sur un article qui fait bader (celui-là, au pif. attention, cet article, sous couvert de lutter contre la grossophobie, est ignoble et totalement badant pour qui sait comment ça (ne) marche (pas) les régimes. j’ai passé plusieurs heures dans un état de semi-panique après avoir lu ça).
.
.
.
ou alors, on se dit que peut-être, des « espaces où j’ai envie de revenir », c’est autre chose. qu’il n’y a pas d’ « en-dehors » libre des oppressions qu’on vit au quotidien. c’est quoi, qui fait que j’ai envie de revoir mes amiEs quand ielles m’ont blessé, et pas le vague pote d’unE pote ? ou même, c’est quoi qui fait que j’ai envie de revoir certainEs amiEs même quand ielles me blessent souvent, et que d’autres, à un moment je laisse tomber ?
je sais pas vous, mais moi, c’est parce qu’avec ielles, on trouve un moment pour en causer, on s’explique, et on réfléchit à comment ça peut ne plus arriver. et après, on construit là dessus, et on fait réellement en sorte que ça n’arrive plus. enfin, on essaie.
et vous, c’est quoi qui fait que vos amitiés elles durent malgré les moments où on se fait mal ?

 

à chaque fois qu’on se fait mal, et qu’on réussit à en parler, passé le moment super dur (on a peur de dire ce qui va pas, on a peur d’en vouloir à l’autre ou qu’elle nous en veuille, qu’on soit plus amiEs, qu’elle nous juge, enfin tout ça quoi.), à chaque fois, je suis tellement contente que ça se soit passé. à chaque fois, j’ai l’impression qu’on a construit plus de confiance, qu’on a grandi toutes les 2, qu’à force de discussion et de réflexion chacune de son coté, on a transformé les critiques en un truc positif et excitant. (bon, c’est sur, c’est parce que j’aime bien me regarder le nombril et travailler à le transformer en un truc plus satisfaisant…)
quand on arrive pas à en parler, par contre, c’est autre chose… même si on passe à autre chose, qu’on continue à construire un truc, qu’on fait comme si c’était passé, bin ce truc là il reste. soit que t’arrives pas à dire ce qui t’a fait du mal, soit que tu sentes bien que t’as merdé mais que tu peux pas avancer si ielle te dit pas ce qui allait pas. ça reste là, en travers de la gorge, hein?

 

non, bon, c’est pas vrai tout le temps (ça se voit, que je pense en même temps que j’écris ?…). parfois y’a des gens avec qui j’ai jamais trop ce genre de conversation, et on est quand même amiEs longtemps. alors c’est quoi ? je crois que là du coup, c’est que quand je suis blessée/énervée par un truc qu’ielles font, je finis par comprendre d’où ielles partent en faisant ça, pourquoi, c’est quoi la logique, qu’est-ce qu’il se passe pour ielles, et qu’au final, à force de les comprendre, j’ai perdu tout énervement, je vois ce qu’il se passe pour moi, ce qu’il se passe pour ielle, et puis hop, on passe à autre chose, c’est cool, je nous connais mieux. bon, c’est pas la même version de l’événement ou de la vie, quoi. une grande conversation est-elle nécessaire? bin non, ielle est comme ça, à prendre ou à laisser. à moi de faire des choix.
si je devais avoir des grandes conversations dès que quelqu’unE fait un truc qui me déplait, j’aurais plus trop le temps pour faire autre chose…
et aussi, « avoir une grande conversation », pour dire voila ce que tu as fait là bin ça va pas, ça veut dire demander à l’autre de changer ce qu’ielle fait pour que ça n’arrive plus. et si je devais changer à chaque fois qu’un truc que je fais ne convient pas à une personne, bin j’aurais plus le temps de faire autre chose, ni d’ailleurs d’estime de moi… je veux bien changer, si je trouve que ta critique est légitime, si c’est un comportement que moi aussi je juge pas correct (une fois que j’ai compris hein, parce que y’a des fois, je suis quand même bien d’abord sur la défensive et il faut du temps, que ça macère, pour que je trouve que t’as raison, c’est pas correct). mais y’a des fois en fait ou même après avoir réfléchi, bin non, j’ai pas envie de changer ça, ou alors c’est pas possible de changer ça maintenant ou comme tu me le demandes (typiquement, dans un couple, c’est ce qui me fait vraiment bader pour le coup. chériE, j’aime pas comment tu, allez, au hasard, j’aime pas comment tu manges. oh d’accord mon amour, je vais changer toutes mes habitudes quotidiennes pour ressembler à la personne idéale que t’as dans la tête). je suis comme ça là maintenant, ça vient en package, c’est à prendre ou à laisser, et je comprendrais que tu choisisses de laisser.

 

bon euh voilà, ce texte s’annonce extrêmement long. j’étais partie sur les espaces safe, mais ce détour semble finalement important. on verra bien pourquoi ? je pense en même temps que j’écris, alors bon, c’est brouillon. mais pour une fois, écoute, on va faire un truc brouillon, et avec des mots simples, ok ?
du coup, ça sera le chapitre 1, et je vais même lui trouver un titre.
j’aimerais beaucoup, toi qui pense des tas de trucs à la lecture de ce texte, que tu me le dise. en commentaire, ou par mail, ou un truc, quoi. que tu sois d’accord ou pas, même si c’est un peu hors sujet, même si c’est juste une anecdote 🙂

 

 

vas-y, je vais mettre les edits de mon esprit en escalier, ici, dans l’ordre, plutot que d’editer le texte:
– en fait, si une amitié dure un certain temps et qu’on s’est jamais engueulé/dit des trucs qui nous l’avait pas fait/fait des critiques, je commence vite à trouver ça louche. c’est sûrement que l’1 des 2 est en train de s’oublier dans la relation, ou bien, qu’on arrive pas à se dire les choses. (enfin, que l’autre arrive pas à me les dire. si y’a des trucs qui me le font pas, je m’en rends bien compte, hein) (à moins justement que je sois en train de sacrément m’oublier, et là, purin, gros voyant rouge qui clignote, il faut se barrer!). en tout cas, ça me met pas en confiance, du tout. je commence à regarder tout ce que je fais, à paranoïer que l’autre le prend mal et ose pas me le dire, tout ça. ça vous arrive, vous, des trucs où jamais jamais y’a un problème ?

 

– y’a mille façons de se dire les trucs. c’est pas forcément « il faut qu’on parle, voilà, grand A grand B grand C ». ça peut être des vannes/des blagues, des métaphores et des trucs détournés, une bonne engueulade, y’a mille façons. y’en a certaines qu’on sait entendre, pi pas d’autres…

 

* des trucs à définir ?
-« bader » = je choisis un mot un peu vague exprès parce que ça recouvre plein de choses. disons, en gros, me sentir mal, pas bien. ça peut recouvrir plein de réalités, selon les situations. pour formuler autrement le truc, « j’ai pas envie que y’ait des gens dans cet espace qui se sentent pas bien » ? puis en fait au cours du texte je propose des exemples ou d’autres termes. on y reviendra plus en detail dans le chapitre II 😀
– « espace safe » : bin c’est justement ça la question. c’est quoi, un espace safe ? est ce que c’est souhaitable ? comment on le fait ? « l’espace safe » c’est une notion que j’entends dans des milieux féministes, disons, qui veulent que nos espaces de vie, d’activités (un collectif d’habitation, un lieu de soirées, un événement, etc) soient « safe ». parfois c’est traduit mais les traductions sont encore plus pourries et recouvrent des notions plus spécifiques. le terme utilisé pour un débat general je trouve c’est quand meme souvent « espace safe ». « safer » ( = « plus safe ») c’est une notion qui prend en compte l’idée que l’espace ne peut jms être totalement safe, et qui veut qu’il soit quand meme, moins pourri, un peu plus safe.