wandering queer

brouillon, dans le désordre et au crayon gris

celles qui… 2 novembre 2011

Je reviens juste d’une résidence de quelques jours autour du slam, écriture, mise en voix, etc, avec des copines.
C’était très riche, intense, ça m’a permis d’avancer sur plein de trucs, et ouvert plein de nouvelles questions aussi…
Bref, voilà un bout d’un texte qu’on a écrit pour le dire collectivement. C’est un hommage (pardon, « femmage ») aux copines… J’en ai viré une bonne partie parce que, attention grande nouveauté, je suis en train de les retravailler !! wouhou ! enfin bref, voilà ceux que j’ai dit à la scène slam, l’autre jour.

 

À celle qui voulait vivre 253 ans, qui conjurait le sort avec son âme d’enfant
sa première cigarette pour fêter son veuvage, avec elle j’ai appris à ne pas être sage.

Celle qui me laisse le droit à l’erreur
(qui sait dire parfois qu’elle a besoin de vacances de moi).
Celle qui sait oublier, celle qui se souvient
celle qui écoute, même les petits riens.

Celle qui a brulé les lettres de son époux
toutes ses pipes, ses cravates et ses bijoux.

A celle dont le cœur se barricade derrière une muraille de mots canons
à celle dont le regard se cache derrière une pagaille de cheveux longs
à celle qui dit non

A celle qui avait, gravée dans sa peau, visible, la promesse des possibles.

Toutes celles de passage, qui avaient dans la poche les bonnes pages, au bon moment.

Celle qui m’a appris la saveur du mot « non », qui a rendu gratuit et précieux chaque « oui »

Celles qui collectionnent les tableaux, les plannings
sur les murs de leur cuisine.

Celle qui sait danser du haut des omoplates, sa rage, ses doutes et son vécu ; celle qui se met à nu, d’un geste.

Celle qui m’a appris les mots en 4 syllabes et la saveur de l’ellipse.

Celle qui se débat avec sa cafetière et son paquet d’tabac,
à celle qui se noie dans des deuils à la chaine
qui se cramponne à la boite de médocs et aux meubles ikea.
A celle qui gardait des sacs de sacs de sacs dans des boites de boites de boites.

A celle qui m’a prêté la caravane d’amiEs, et encore, et encore, et encore…
Celle qui pédale, droite et timide dans ses sandales
petite robe vole au vent
des montagnes de récup à l’arrière, à l’avant.

Celle qui me réchauffe avec
les contes de son monde intérieur
dans la froideur d’un soir tchèque.
Celle qui traîne sa couette aristocratiquement, dans le matin-café de son appartement.

A celle qui la première, mégot chemise cowboy
mes sens en déroute et mon cœur à l’envers
chamboula mes repères binaires.

 

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