wandering queer

brouillon, dans le désordre et au crayon gris

à propos d’autonomie et d’amitié sexuelle 7 août 2011

Filed under: féminisme,non-monogamie — stupidfrog @ 14:24

… « Le propre de la monogamie est que chaque couple en fixe les limites, pourvu qu’elles existent. Dans le cas par exemple où un couple décide de donner la possibilité à chaque partenaire d’avoir des aventures sexuelles sans lendemain ou tout du moins sans affectif, il s’agit pour moi d’une non-monogamie sexuelle (comme il peut y avoir une non-exclusivité amicale, ou de vacances… mais ce sur quoi porte la liberté octroyée est bien nommé) ? ; les limites à d’autres relations étant bien présentes, la monogamie sévit toujours même si elle peut paraître moins rigide. La non-monogamie responsable ne pose donc aucune limite, et les diverses relations, bien que nécessairement différentes grâce à la singularité des individues, ne sont pas hiérarchisées en ordre d’importance, du style « nous vivons d’autres relations tant qu’elles ne mettent pas la nôtre en danger ». Ce n’est pas une relation en cours qui décidera du contenu de ce que je vivrai avec une autre personne, quel qu’en soit ce contenu. À ce niveau, je ressens la liberté dans le fait que rien n’en soit fixé à l’avance, ni limites, ni scénario, afin que la nouvelle relation ne soit pas biaisée dès le départ et puisse se développer dans toute sa richesse. Toutes les partenaires concernées ayant librement choisi la non-monogamie responsable, les intérêts des différentes individues sont pourtant pris en compte, contrairement à la non-monogamie irresponsable. Vu les enjeux, tout ne se passe pas bien évidemment dans l’harmonie, mais ça, ce n’est pas propre à la non-exclusivité. »…

(c’est moi qui souligne). Et bin voilà chaton, si tu dis ça comme ça, j’ai plus besoin d’essayer d’écrire un texte maladroit là dessus. Merci ! (je parle de ce passage, pas de toute la brochure qui aborde plein de trucs différents)

extrait de Corinne Monnet, A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, 1997 disponible sur infokiosques

 

One Response to “à propos d’autonomie et d’amitié sexuelle”

  1. fish Says:

    Bonjour, merci le texte. Il explique clairement des choses sur la conception de l’auteure. Pardon d’avance pour le long commentaire, mais tout ça me fait réfléchir.

    L’extrait est cool et a le mérite de rendre visible ce que la norme tient pour déviance. Parfait. Mais comme d’hab j’ai un problème avec toutes les remises en question de normes qui en fabriquent d’autres toujours aussi dogmatiques. Evidemment elle ne dit pas « soyez touTEs non-monogames », m’enfin, il me semble qu’elle dénigre la monogamie (pourquoi pas, c’est THE norme établie, donc ça a une valeur très importante de la challenger afin de parler des autres possibles), mais me semble aussi qu’elle dénigre aussi des formes de non monogamies qui pour elles ne seraient pas assez subversives. En somme des gens qui baisent à côté, tout en voulant un couple, c’est pas encore ça, ils peuvent mieux faire. Et le mieux faire c ‘est, si je comprends bien, aucune hiérarchie s’il y a plusieurs relations, ou plusieurs personnes dans une même relation et toutes sont égales. Moi je trouve intéressant de poser ça dans le débat, de montrer que ça existe, et que les institutions, les représentations, bref tout ce qui façonne nos imaginaires, masquent la diversité que peuvent avoir les partenariats sentimentaux, sexuels, familiaux, amicaux etc.Donc évidemment, c’est utile de parler de ça, de l’analyser, bref de faire tout pour rendre visible ce que les normes étouffent constamment. Mais le côté très queer mais aussi féministe consistant à définir la subversité commence un peu à me gêner. Il y a ça sur nos vécus trans (on nous dit qu’on est trop binaires), il y a ça sur les attirances (malheur aux queer/féministes hétéros), il y a ça sur les formes de couples (malheurs aux monogames, et visiblement aussi, aux mono sentimentaux poly sexuels, voire même à ceux qui tout en étant poly à la fois en sentiment et en cul, hiérarchisent une relation comme primaire et voient les autres comme secondaires…car sur eux « la monogamie sévirait encore »…).

    Bon…à quoi bon quitter straightland, si c’est pour se retrouver à subir à nouveax des injonctions sur son genre, sa sexualité, etc ? Elle ne le fait pas vraiment là, même si son emploi du verbe « sévir » laisse voir la hiérarchie. Pour moi c’est comme pour les sexualités, sortir de l’invisibilité les dites orientations minoritaires (pédé, gouine, bi, queer, etc etc), ou encore les pratiques sexuelles minoritaires (genre la meuf qui encule le mec avec un gode/ le sexe sans pénétration etc) ne signifie pas dire que c’est « mieux ». Et pour ce qui est de la non-monogamie, polyamour ou whater you wanna call it, ça frise toujours le « la monogamie est en elle-même le problème » donc le polyamour c’est ce vers quoi il faut tendre. Or je suis persuadé que tout comme les rapports de pouvoir de sexe, genre, race (ohhh oui) se reproduisent entre pédés, gouines, queer (oui oui, particulièrement pour ces derniers :d ), ils se reproduisent aussi dans des formes de relations non monogames. Parce que ni ce truc qu’on appelle l’orientation sexuelle, ni les pratiques, ni les formes de partenariat, ne contiennent en elles-mêmes la domination.

    Sinon comme point positif je note la distinction entre non monogamie responsable et la non monogamie irresponsable. Maintenant, à savoir si dans la vie de celle qui est monogame et qui rentre (par amour ?) dans ce type de configurations, la différence entre lui dire qu’on va en aimer/baiser d’autres, et le lui cacher, empêchent jalousie, souffrance, je suis pas sûr…Enfin ce que je veux dire c’est que , plus je m’intéresse aux sujets, moins j’ai l’impression que le fait que dans les relations non monogames responsables les choses soient explicites, empêchent à la/le monogame d’en souffrir. J’ai juste l’impression que la question de l’explicite concerne bien plus les non monogames dans leur honnêteté avec les autres (donc vis-à-vis d’elles-mêmes quoi « moi je ne trompe pas »), par rapport aux hypocrisies des couples tradi qui baisouillent à côté en le cachant. Mais si une personne est monogame parce qu’elle a besoin du rapport d’exclusivité (pour moi le mot est innapriorié mais bref) pour vivre sereinement son histoire, qu’on lui dise ou qu’elle apprenne après qu’on aimait/baisait autrui, je pense que ce ne sera que détail technique. Elle souffrira de la non exclusivité quoiqu’il advienne.Mais bon encore une fois, je comprends la distinction que fait l’auteure du texte et elle a bien raison afin que des dictateurs de la monogamie-pour-tous ne prennent pas l’exemple de trucs polyamoureux foireux pour fustiger le polyamour en lui-même, car il n’est ni mal ni bien en lui-même. Pareil pour la monogamie pratiquée (différente de celle qui est institutionnelle et qui pour le coup est mauvaise en elle-même), et les autres formes plus poly dans lesquelles la monogamie « sévirait » encore.

    En tout cas merci pour ce texte, et bonne continuation sur ce très intéressant blog que je regarde depuis un moment même si je ne commente pas. (je précise que c’est bien parce qu’on est sur un blog faisant réfléchir sur ces sujets que je met ce commentaire, sinon sur un truc pro norme à la con genre un forum style « comment réussir mesdames à la rendre heureux », je me serais bien gardé de dire ça).


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